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L'Afrique n'est pas sur la voie du DEVELOPPEMENT!!!

Posté par: Usman TUREY| Mercredi 02 juillet, 2014 17:09  | Consulté 4347 fois  |  9 Réactions  |   

Quelques uns de nos amis économistes, statisticiens ou encore politiciens affirment, à tort, que le continent africain est sur la voie du développement. Seulement, les africains eux-même, ne ressentent pas ce développement chanté par d’innombrables rapports et de statistiques. Ainsi il nous convient de définir ce qu'est le développement pour camper le décor.

Nous pouvons nous permettre de définir le développement comme étant un mouvement continu sur le long terme, de nature qualitative et quantitative, qui modifie durablement les structures économiques, sociales et démographiques de la société à laquelle il se rapporte. Toutefois, il faudrait peut-être reconnaître et signaler qu'il y a pléthore de définition du développement qui soient possibles. Seulement, Même ceux qui sont spécialisés en Etudes sur le développement ne peuvent en donner une définition exacte.

Cette difficulté à pouvoir donner une définition précise du développement tient particulièrement au fait que ce dernier se définie toujours en rapport avec la culture et la tradition des peuples auxquels il se rapporte: Ainsi parle t-on de schème référentiel, permettant de jauger le niveau de développement, qui est propre à chaque peuple.

De toutes les manières, le développement d'un peuple se doit impérativement d'être qualitatif, actualisé et autocentré comme le disait Axelle Kabou dans son ouvrage intitulé "Et si l'Afrique refusait le développement" publié en janvier 1991 aux éditions l'Harmattan à Paris.

Maintenant revenons-en au développement de l'Afrique. En fait les africains restent largement persuadés que leur destin doit être pris en charge par des étrangers. Ainsi les efforts de développement sont perçus comme de véritables aveux d'impuissances, d'infériorité culturelle ou raciale. Ce qui fait que l'Afrique noire reste profondément humiliée par l'idée même de développement, considérant que c'est une tache qui relève légitimement des obligations du colonisateur, pour parler comme Axelle Kabou.

Aujourd'hui ce sont des instances internationales qui financent des projets en Afrique sans demander ou prendre en compte les points de vues africains sur ces questions. L'ex président Sénégalais M. Abdoulaye WADE le les reprochait déjà lors du sommet de Rome en 2009. C'est aussi ces instances qui commanditent des études de sondage pour, soi-disant, jauger le niveau de développement du continent. Alors que leur schème référentiel de développement est incompatible aux réalités africano-africaine!

Ainsi on comprend cette tendance à publier des rafales de rapports exhibant un niveau de développement qui en réalité n'existerait que sur du papier. En vérité, ces rapports et statistiques, produits à la base de la trajectoire occidentale, consistent en des extrapolations chiffrées ignorant royalement les réalités africaines. Mieux encore, c'est des analyses partielles, subjectives et superficielles qui occultent soigneusement et commodément, d'ailleurs avec beaucoup de délicatesse le fait que quand nous parlons de développement nous ne parlons pas que de croissance.

Quand nous parlons de développement, nous parlons de ce fruit d'une gestion cohérente, synchronique et synergique d'un ensemble de secteurs de la vie humaine, soit-il politique, social, culturel que technologique, le tout répondant à un projet de société clairement défini et convergeant sur la plateforme de l'amélioration des conditions de vie des populations auxquelles il se rapporte.

Ces rafales de rapports, aussi, occultent royalement le poids de la dette des pays africains qui s'élève à PLUS DE 300 MILLIARDS DE DOLLARS.

Ainsi Bon nombre d'arguments et de réalités nous permettent aujourd'hui de démonter ces considérations jusque là avancées et qui tendent à vouloir accréditer la thèse selon laquelle le continent africain est sur la voie du développement.

D'abord on ne peut se permettre de dire que l'Afrique est sur la voie du développement alors qu'elle n'est même pas prête à s'unir, à rendre effectifs ces organes d'intégration régionale et communautaire, à stabiliser sa zone économique par la constitution d'unions douanières, l'élaboration de véritables zones de libre d'échange et l'intégration de son marché. A ce niveau nous savons que nos chefs d'Etats manquent de réelle volonté politique pour opérer vers ces instances qui feraient que notre rêve d'unité, de développement et de prospérité puisse être réel.

C'est eux qui, après avoir signé des traités et édicté des principes au niveau de ces organisations régionales, retournent chez eux pour empêcher l’effectivité de la supranationalité de ces derniers en opposant leur égoïsmes nationaux, leur nationalisme exacerbé.

Ensuite on ne peut se permettre de dire que l'Afrique est sur la voie de la prospérité sachant qu'elle est littéralement ravagée par d’innombrables guerres civiles: Ethiopie, Mozambique, Rwanda, Ouganda, Liberia et tout récemment les crises togolaises et Maliennes, avec leurs milliers de victimes. Par ailleurs les villages dévastés et les zones abandonnées au seigneur de la guerre, atteintes par la désertification et la malnutrition qui l'accompagnent, la déstabilisation par l'exode rural, l'insécurité et l'insalubrité urbaines sont entre autres des réalités qui battent en brèche ces publications infondées, jusque là destinées à dire que l'Afrique est sur la voie du développement.

Enfin on ne peut pas se permettre de dire que l'Afrique est sur la voie du développement sachant qu'elle écrasée par le poids de la dette et atteinte par la paupérisation de ses populations et des ses Etats qui sont de moins en moins à même d'assurer le fonctionnement régulier des services publics, de financer ses infrastructures et de garantir à tous et à toutes l'accès à l'éducation et à des conditions sanitaires descentes.

Mais des experts, économistes et statisticiens de quelques douzaines d'instances internationales se font fort de démontrer le contraire.

Alors que là n'est que la partie visible de l'Iceberg sous-jacent des éléments d'argumentation qui nous permettent de reconnaître, d'accepter, d'admettre et d'affirmer que l'Afrique n'est pas sur la voie du développement.

Usman TUREY

#Le_Combat_Continue

 L'auteur  Usman TUREY
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Marou En Juillet, 2014 (20:42 PM) 0 FansN°:1
bon article avec lekel jsui totalmen daccor il fau ke nou africain on se done la main e crée dè condition pr un essor economik du continen. Pour cela il fau kon soi autonome et avecune réelle volonté politik sa sra possibl
D'accord En Juillet, 2014 (21:27 PM) 0 FansN°:2
Je suis 100% d'accord et même quand on prend les rapports des économistes on se rend compte que la croissance Africaine est largement tirée par la hausse du prix des matières premières minières, gazières et pétrolières. Seulement ça, ça ne crée pas d'emploi.
D'accord En Juillet, 2014 (21:31 PM) 0 FansN°:3
Pire dans plusieurs pays la croissance démographique est supérieure à la croissance économique ce qui fait que le PIB/habitant décline tandis que la pays affiche une croissance brute record.
Phil Montréal En Juillet, 2014 (16:12 PM) 0 FansN°:4
Poser la question c'est d'y répondre en effet. Une dette de plus de 300 milliards, combien d'intérêts génère t-elle? Ces bailleurs de fonds ont-ils vraiment la volonté de laisser tomber cette manne qui leur tombe du ciel africain ? Il va de leur "intérêt" à fournir des "rafales" de rapports et d'études pour nous faire croire que le seul moyen de développer ce continent est de continuer à appliquer leurs propres politiques économiques. Le jour où nous règlerons cette maudite dette africaine de façon responsable,solidaire et en pensant à nos enfants qui vont continuer à la payer,là on pourra commencer à reparler de... développement. Merci pour l'éveil mais surtout le "réveil" des consciences!
UsmanTurey En Juillet, 2014 (06:44 AM) 0 FansN°:5
Merci pour vos appréciations. #Le_Combat_Continue.
Hba En Juillet, 2014 (07:38 AM) 0 FansN°:6
Certes il y a du vrai dans cet article (l'irresponsabilité des africains, les guerres, les dettes inútiles, etc.). mais force est de constater que ce Mr n'a pas actualicé ses sources d'information. le Rwanda, l'Ethiopia et le Mozambique ne sont plus en guerre depuis plus de 20 ans et aujourd'hui sont les pays avec le plus grand taux de croissance du monde. il ya de cela une semaine s'etais en Ethiopie et au Mozambique, l'argent se note plus que dans n'importe quelle autre pays africain. c'est peut etre paradoxale mais c'est ainsi.
d'autre part, il faut se dire la vérité: nous ne croyons pas en nous même, et Sommes très sujet a voir les choses en petit. la dette de l'Afrique de 300 milliard ce n'est absolument rien car la seul depense militaire des états unis vaut ça.
l'Afrique doit oser: si on n a pas d'argent on l'emprunte. là où le bas blaisse c'est dans la negociation des conditions!
ElMagnifico En Juillet, 2014 (08:02 AM) 0 FansN°:7
Bel article! Effectivement l'Afrique n'est pas sur la voie du développement mais celle de l'extinction. Les programmes de développement imposés ou biaisés courent à l’échec et sont souvent le socle de la ruine de certains États par le fait même d'un cycle d'endettements sans fin. Aujourd'hui l'urgence en Afrique c'est la sécurité! Sans sécurité aucun développement n'est possible. L'Afrique a surtout mal en certains de ses dirigeants loufoques, imprévisibles, voraces, stupides et irréligieux qui le plus souvent sont les instigateurs des troubles et de l’insécurité! Et pour venir à bout de l’insécurité dévastatrice et galopante il faut des institutions fortes garant de la force morale et publique d'un État.
UsmanTurey En Juillet, 2014 (18:58 PM) 0 FansN°:8
Hba je suis tout à fait d'avis avec toi par rapport à la non-contextualisation de quelques éléments dans cet article. J'étais emporté par l'amertume panafricaine c'est pourquoi j'ai englobé, sans tenir en compte le temps, ces événements. Je m'en excuse, INTELLECTUELLEMENT! Et cela se comprend parfaitement.

Merci El Magnifico. Je partage ce que vous dites jusqu'à un certain niveau. Oui l'Afrique a besoin de sécurité! Et pour cela il ne faudrait rien moins que ses élites fassent de telle sorte que son découpage, son "saucissonnement" puisse sauter et que les Africains puissent enfin s'unir. Car l'union est la force. Certains tenteront de me retourner l'idée selon laquelle comment est-il possible d'unir des peuples qui sont constamment en guerre? qui se rejettent mutuellement? (le cas des 180 africains dont 80 maliens, interpellés et rapatriés par les élites gabonaises dans la province septentrionale du Gabon. Je les répondrai tout simplement en évoquant la question de l'ancien Ministre Sénégalaise des affaires étrangères M. Cheikh Tidiane Gadio lorqu'il, lors d'une émission du débat Africain en 2007, posait la question de savoir: Est ce que ce n'est pas parce que l'Afrique n'est pas unie qu'il existe ces foyers de tensions, ces guerres et ces exclusions? A Méditer.

Sur l'autre point ou tu évoques ta solution par rapport au problème de sécurité en parlant d'institutions fortes, je ne suis pas d'avis. Je ne conçois pas, comme Barack Obama que...
ElMagnifico En Juillet, 2014 (19:52 PM) 0 FansN°:9
Cher Usman Turey merci d'avoir réagi à mon poste. Parlant d'institutions fortes, certes l’envolée verbale ou si vous voulez la boutade est de Barack Obama mais tout de même certains hommes forts ont montré leurs limites par leur mégalomanie, leur brutalité inouïe et leur myopie légendaire à anticiper sur les crises humanitaires, économiques, les famines. Bref vous conviendrez avec moi qu'aucun programme d'emploi ou d'insertion des jeunes désœuvrés n'est étudié avec sérieux si bien qu'on assiste à une débandade-émigration souvent mortelle!
Quant aux expulsions musclées et inhumaines constatées en Afrique c'est juste des actes hypocrites des dirigeants pour atténuer des soubresauts internes. C'est donc dire que les États-Unis d'Afrique que nous souhaitons de tous nos vœux ne sont pas pour demain! Je suis un Burkinabé qui suit avec avidité la lutte du Sénégal pour asseoir une démocratie limpide et un mieux-être pour les sénégalais. Et j'ai l'intime conviction que le Sénégal est sur la bonne voie et que ce sera par ce pays que le salut par l’unité va se sceller en Afrique de l'Ouest. Car il faut d'abord des blocs opaques et exemplaires pour inciter à l'union. La CEDEAO créée depuis belle lurette présente-t-elle les garanties d'un tel espoir? Je ne le sais pas trop et les multiples raquettes sur nos routes, les luttes mesquines de leadership de nos dirigeants ne concourent pas à une entente horizontale et verticale de nos unions.

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Usman TUREY
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