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L'impératif de réguler le secteur des médias sénégalais autrement

Posté par: Usman TUREY| Lundi 08 décembre, 2014 16:07  | Consulté 725 fois  |  0 Réactions  |   

Les médias favorisent la liberté d'expression et la circulation des informations. Ils sont des vecteurs de paix et de stabilité mais aussi de véritables instruments efficace, si on en fait un usage rationnel, pour le développement socio-culturel, politique et économique. Il ne faudrait ne pas y ajouter que les programmes qu'offrent les médias s'adressent à un public diversifié tant dans sa composition  que dans ses origines. 

C'est pourquoi il est un impératif pour les éditeurs audiovisuels de s'imprégner de cet état de fait afin de mieux servir en prônant pour une politique éditoriale inclusive tout en s'en tenant au respect des valeurs fondateurs et principes intangibles qui gouvernent la vie en société. En aucune manière, il est permis à un éditeurs audiovisuel de se taper le culot de programmer des émission à contenus susceptibles de troubler l'ordre établi, la morale en vigueur ou encore constituer une menace à la liberté individuelle et collective des citoyens. 

  On pourrait même lire, d'ailleurs, dans le N°003/2013 des AVIS TRIMESTRIEL publié par le Conseil National de Régulation de l'Audiovisuel, du Sénégal, que "les médias, dans l'exécution de leurs missions doivent obéir à l"exigence de la protection de l'intérêt public, de la sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence", mais qu'"ils doivent aussi restés attachés aux principes et valeurs morales sociétales ainsi qu'au caractère républicain de l'état du Sénégal".    La liberté d'opinion ou celle d'expression ne doit, en aucun cas, permettre de justifier la diffusion de propos, postures susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale, à l'intégrité du territoire et au respect des institutions républicaines. Tout comme la recherche d'audimat, dans un contexte économique difficile et peu viable pour les médias ne devrait pas servir de prétexte au recours à outrance à la publicité, en violation à la réglementation en vigueur.    Ainsi, "l'obligation de veiller à la moralité, à la valeur éducative et informative de leurs contenus, astreint les éditeurs audiovisuels à s'autoriser la programmation d'émissions dont l'impact est ou  peut-être négatif sur certains publics, non préparés à les recevoir" nous précise un rapport du CNRA adréssé au (alors) président WADE en 2011. Mais il ne faut même pas se faire des idées, tout ce qui vient d'être dit ne consiste en rien moins qu'un idéal de direction que devrait prendre tout acteur impliqué dans le secteur médiatique. Alors il est loin de consister en la réalité couramment en vogue.    Quand c'est un observateur critique des médias sénégalais en exercice qui vous donne son avis par rapport au fonctionnement de ces deniers, il ne faudrait pas vous attendre à ce qu'il vous témoigne autre chose que de sa désolation et de sa profonde amertume face au manque de professionnalisme déroutant des acteurs du secteur, à la violation impolie dont sont constamment exposées les dispositions juridiques qui cadrent ce secteur et à l'existence virtuelle d'organes de régulation qui véritablement ne régulent absolument rien du tout.    En ce qui concerne le manque de professionnalisme des acteurs du secteur médiatique sénégalais, l'on pourrait tout simplement évoquer le cas de FELIX NZALE, Directeur de Publication du journal quotidien la Tribune, qui s'est permis, en parfaite violation des règles éthiques et déontologiques du journalisme, d’annoncer qu'il y avait 5 cas confirmés de personnes infectées par le virus EBOLA, au Sénégal, alors qu'il n'avait pas du tout pris les dispositions nécessaires afin de vérifier l'authenticité de cette information. Ce qui témoigne largement de la légèreté faisant foison dans ce secteur. Même le citoyen lamba sait qu'un information avant d'être publiée doit être vérifiée. En plus, le journaliste il rapporte des faits mais ne les inventent pas.    L'on essayera certainement de me dire que mais tiens Felix lui, il a été arrêté n'est ce pas? Alors pourquoi dire que les organes de régulation ne régulent rien? Sinon pourquoi aurait-il, lui, été traduit en justice pour avoir commis des errements? A cette question, je préfère y répondre non de par une affirmation mais avec une série de situations qui ont existé, existent encore et existeront toujours pour démontrer que cette manière de réguler est inefficace et doit être révolue!    Toujours dans les AVIS TRIMESTRIELS du CNRA publié en 2013, on nous informe qu'au cours seulement de la période Juillet/Septembre de cette même année, l'on a constaté plusieurs dysfonctionnements et manquements au niveau des médias, méritant bien plus d'attention et de sanctions que le cas FELIX NZALE!    Ainsi furent notés dans cet avis trimestriel:   "1) L'absence de signalétique avant la diffusion d'images pouvant heurter la sensibilité du jeune public en particulier. Par exemple: - l'image d'adolescents en situation de détresse, présentés à l'écran à visage découvert comme ce fut le cas de candidats malheureux au baccalauréat dans toutes les chaines de télévision nationale: Les images de personnes décédées, de blessés et de membres humains restés coincés sous les débris d'un véhicule, comme celle d'un accident survenu sur la route de Mbour, qui ont été montrées au cours des journaux télévisés de WALFADJRI et de la RTS, le 21 Juillet 2013; Le corps sans vie d'un nouveau-né abandonné dans un sac au garage Petersen, image diffusée dans le journal télévisé de la SEN-TV, le 15 Août 2013 entre autres..   2) L'utilisation, sans encadrement pédagogique ou psychologique nécessaire, d'enfants et d'adolescents pour des compétitions télévisées à buts essentiellement publicitaires ou commerciaux. Par exemple: La compétition télévisée SEN PETIT GALE qui a un impact particulèrement négatif sur les comportements des enfants car les soumettant à des pressions psychologiques fortes, préjudiciables à leur équilibre et épanouissement.    3) L'atteinte à l'Honneur, à la dignité et à la vie privée de citoyens dans certaines émissions, sans leur donner la possibilité d'y apporter une réplique. Par exemple: Maitre El Hadj DIOUF, invité de l'émission "Sortie" le 15 Septembre 2013, s'est permis de tenir des propos outageants à l'encontre d'un de ses concurrents pour l'élection du président de l'ASC JARAAF; Un invité de l'émission "ATAYA" de Walfadjri le 23 Août 2013, s'en prenant au l'ancien Premier Ministre sénégalais Idrissa SECK, qu'il traite de voleur; les émissions de"TEUSS" de Zik FM, "XALASS" de RFM et "100% People" de Sen TV qqui véhiculent des propos discourtois voire outrageants, pouvant porter atteinte à l'honneur, à la dignité et à la respectabilité de citoyens etc.   4) L'intrusion de plus en plus marquée de la publicité commerciale illégale dans certaines émissions ou séries télévisées comme "La GAROTTE" sur TFM; "RAMADAN DE NGAGNE" sur la RTS et "NDOGUOU LI" sur Walf-TV.    5) La diffusion dans l'émission "Sunugal" de Sen TV, d'un reportage au quartier général du MFDC, à Diabir (Département de Ziguinchor), dans lequel Messieurs Abou Elinkine DIATTA et Youssouph COLY, présentés respectivement comme porte-parole et combattant du MFDC, tiennent des propos séditieux, et ce, pendant 45 minutes!"    Tous ces éléments sont à démontrer que le cas de FELIX NZALE ne pèse absolument rien sur la balance où sont pesées ces actions précitées qui sont, dans le principe comme dans la forme, plus dangereuses du point de vue de l'impact que l'effet d'une sécheresse touristique dont le gouvernement a cherché à éviter à tout prix. Alors il faut comprendre par là, que l'incarcération de FELIX NZALE n'obéissait à rien d'autre qu'à des pulsions de notoriété diplomatique! C'était parce qu'il y'avait la question de l'EBOLA qui faisait peur au monde et qui avait fini, par ricochet à freiner considérablement les activités du secteur touristique, essentiel pourvoyeur d'économies,  et donc a mis  presque par terre certaines économies des pays d'Afrique.    En effet, Au de là du besoin de maintenir le train touristique en marche, l'Etat sénégalais voulait profiter de cette situation, pour montrer à la face de la communauté internationale, que le Sénégal est un pays fortement engagé dans la veiller au respect des droits humains, aux principes et valeurs sacrées de la démocratie. Ce qui fut un mensonge soigneusement architecturé.    Mais ce dont cette machination nous fait comprendre c'est qu'effectivement les organes de régulation sénégalais ne sont compétentes en rien et qu'ils sont visiblement contrôlé par l'état, car il semble avoir fallu l'intervention de l'état pour que les organes de régulation fassent leur travail. Alors que si l'état ne dit rien, ces même organes peuvent permettre que les médias servent de tribune de profération d’invectives, de relais à des individus ou organisations dont les discours promeuvent l'irrédentisme et la partition du territoire national ou encore que des gens font un abus excessif des libertés démocratiques sur les médias. Ce qui se trouve être anormalement anormale.      Il faut que ces organes sénégalais de régulation s'émancipent de la tutelle de l'Etat, qu'ils retrouvent leur autonomie et qu'ils soient capables de faire leur travail de rééquilibrage, de planification et de contrôle et d'aménagement du secteur des médias. Le modèle du bénin est très inspirateur dans ce cadre. Il faut l'instauration d'une institution suffisamment forte pour peser sur toutes les instances audiovisuelles et télé-communicationnelles du haut de sa légitimité. Il est aussi à bannir, la bipolarisation constatée au niveau des organes de régulation sénégalaise. On ne peut pas avoir à côté le CNRA pour réguler les médias audiovisuels et de l'autre côté l'ARTP pour les télécommunications comme si ce sont deux choses non-complémentaire, alors que nous savons pertinemment bien qu'ils utilisent le même satellite et mieux encore sont du même parent!    Une régulation autrement s'impose!!!   #Le_Combat_Continue   Usman TUREY Communicant, UGB, Saint-Louis, SENEGAL
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Usman TUREY
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