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« VAINCRE LA CORRUPTION : Une voie durable pour la transformation de l’Afrique ». Mais COMMENT ?

Posté par: Usman TUREY| Mardi 06 février, 2018 09:02  | Consulté 475 fois  |  0 Réactions  |   

Pas d'Hypocrisie ni de Myopie intellectuelle ! Nous savons très bien que La Corruption qu'on est en train d'attaquer n'est, ni de loin ni de près, la véritable CORRUPTION à combattre ! Il faut que l'on apprenne à se respecter. On ne peut pas se permettre de choisir des thèmes pour simplement choisir des thèmes. Ou de parler pour tout simplement palabrer.

 

Quand on est sous le baobab africain, on peut se permettre de palabrer. Mais quand on a la charge de conduire les destinées des nations, il faut se faire violence et maintenir un certain standard de sérieux dans la manière de traiter les choses. Surtout quand ces choses font parties des plaies les plus graves de nos sociétés modernes. Par exemple la Corruption. 

Mais de quelle corruption parlons-nous ? Campons le décor et évitons que tout vent d’incompréhension puisse frapper les contours de notre idée et générer des interprétations approximatives, frustrantes et arbitraires.

Il faudrait que l’on s’accorde sur le fait que la première étape de résolution d’un problème quelconque, c’est d’abord de reconnaitre le problème en tant que tel. Mais cela n’est pas suffisant. Car quand on dit reconnaitre le problème, on sous-entend le fait d’avoir la capacité de recruter dans la réalité les causes premières du problème afin de mieux s’y prendre dans sa résolution.

Alors quelle est ou quelles sont les causes de la corruption ? Beaucoup de versions explicatives du pourquoi de ce phénomène existent déjà. Et en très grand nombre. De scientifiques qui se sont penchés sur la question avec une méthodologie et démarche scientifiques reconnues au simple citoyen qui en débat à longueur de journée, nous avons tous notre version.

Je m’apprête alors, sans tarder, à vous livrer mes humbles commentaires sur cette question en réaction par rapport au thème de l’année de l’Union Africaine qui est : « VAINCRE LA CORRUPTION : Une voie durable pour la transformation de l’Afrique. »

Il faudrait préciser que je n’ai rien contre la formulation du thème qui en soi est très pertinent. Son application dans le contexte africain et sa probable efficacité dans la transformation du continent sont plus que souhaitées. Mais nous savons tous qu’on ne combat pas un adversaire inconnu ! La connaissance du sujet à débattre ou à interagir avec est l’antichambre d’une approche réussie. Cependant, savoir de quelle corruption il est question de combattre est nécessaire avant d’enclencher des initiatives éparpillées, impertinentes et moues face aux yeux du véritable GANSTER : La Corruption ! Donc plutôt que de formuler des thèmes attractifs et contextuellement pertinents, il nous faut du sérieux dans l’identification, la compréhension, le ciblage parfait mais également l’allocation de ressources adéquates pour vaincre CETTE corruption.

La lutte contre la corruption doit être menée. Mais la manière doit être au rendez-vous. On ne peut pas lutter contre la corruption en donnant l’impression qu’elle est aussi simple à combattre. Ce n’est certainement pas une rencontre de quelques chefs d’Etat sur Addis Abéba qui palabrent, se serrent les mains et se prennent en photos ou encore de très grandes déclarations rédigées par des chargés de com juniors en copier-coller, qui vont assurer un succès à ce combat. Pas non plus le fait de désigner comme champion de ce combat africain contre la corruption le dirigeant du pays le plus corrompu d’Afrique, selon les rapports sur la question. De la blague ?

Je m’attendais à plus de sérieux. Par exemple la mise en place d’un comité d’experts, de politiques, de citoyens et de scientifiques qui ont travaillé ou travaillent sur la question pour faire le tour de toutes les publications, recherches et documentations disponibles, en faire les synthèses intelligentes et présenter sous forme de recommandation globale pour la lutte contre la corruption. Je connais Gilles Yabi, mon ancien boss, par exemple, qui, très sérieux et pointu dans ce qu’il fait, a conduit des débats citoyens riches à travers la toile puis, avec son équipe, construit à partir des contributions venues de partout des recommandations pertinentes pour mieux faire face à cette réalité qu’est la Corruption. Ces recommandations sont disponibles sur le site www.wathi.org.

Comprenez-moi, je ne suis pas en train de dire que cette démarche règlera le problème. Mais ç’aurait au moins aidé à démontrer un certain sérieux dans l’approche même s’il ne garantit pas la réussite. Mais rien de tout cela. C’est un thème c’est tout. Comme celui de l’année dernière « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse » avec sa feuille de route qui ne nous inspire rien d’autre que tristesse et désolation quand nous savons véritablement ce qui se fait sur le terrain par rapport à la responsabilisation et l’autonomisation des jeunes par l’Education et les opportunités utiles à leur épanouissement.

Le temps de la forme doit cesser et celui du fond doit advenir ! Ces thèmes et initiatives doivent refléter un travail sérieux de prégnance sur les réalités ainsi que les voies claires pour les transformer. C’est de l’idée (dans la tête) jusqu’à l’action (dans la réalité). Quand on a fini de concevoir une idée, on pense aux ponts possibles par lesquels puisse passer cette dernière pour se retrouver dans la réalité et impacter positivement sur le cours des choses. C’est donc tout un environnement à mettre sur place. Mais quand on voit les institutions africaines, qui ne sont par ailleurs que le parfait miroir de nos Etats, on ne se lasse de rire quand on entend un Chef d’Etat africain dire « Je m’engage à vaincre la corruption ». 

Nos administrations publiques, et même privées maintenant, sont truffées d'imposteurs ! De gens qui n'ont pas autre compétence à part courir de bureau à bureau pour transporter ou déposer des papiers de la part d’untel, porter des sacs d’untel autre, flatter des preneurs de décisions pour sécuriser une position, se "prostituer professionnellement" pour se faire un chemin.

On se demande comment le parachutisme s'est fait de la place dans des institutions qui se doivent respect, rigueur et professionnalisme au vu de la grandeur des missions qui sont les leurs. On ne part pas dans une institution africaine sans y trouver des cousins, frères, parents, et relations dont la présence au sein de l'institution ne s'explique par autre que LA CORRUPTION!

De brillants pieds, têtes et mains des pays africains sacrifiés. Des postes qui leur revenaient de droit au vu de leur background, compétences et expériences se sont vus donnés à des gens qui n'ont aucune idée par rapport à où commencer.

C'est mon ultime conviction que ce n'est pas autre chose qu'en incrustant dans l'ADN de nos institutions des gougnafiers, imposteurs et incapables qui explique la grande insatisfaction de nos populations face aux dirigeants.

Mais à quoi s'attendre d'autre sinon à une dégradation sans limite de la qualité, de la déontologie, de la morale et des valeurs fécondes aux nations dignes et intègres si on se permet de confier la destinée d'un pays, organisation ou groupe à des individus qui n'ont ni la science ni l'attitude requises pour les manager ? Vous l'avez déjà répondu. Je vous vois. Vous savez très bien de quoi je parle.

Il faut arrêter. Je ne suis pas le premier à écrire sur les causes profondes de la corruption. Vous avez certainement lu ou du entendre parler d'un livre intitulé "La MEDIOCRATIE" écrit par le professeur et philosophe français Alain Deneault qui nous annonçait déjà qu'"en politique comme dans les entreprises, les médiocres ont pris le Pouvoir". Si vous ne l'avez pas encore lu, FAITES-LE ! C'est seulement quand vous le faites que vous comprendrez pourquoi je dis que nous sommes en train de tirer Hors-Target !

C'est de cette GRANDE corruption qui consiste à taire des vérités, à normaliser des pratiques, des manœuvres et commandes affectives et personnelles dans un cadre associatif et professionnel. C'est le fait d'accepter l'anormal à cause du risque que puit provoquer la rébellion à son encontre. Vivre la corruption, c'est d'accepter de "Jouer le Jeu" ! Et "Jouer le Jeu" est devenu le sport dont les Etats Africain conservent les meilleurs rangs et les meilleures performances. C'est même devenu une réalité sociologique, culturelle ! Au Sénégal on parle de « Masla » (Tout se négocie) ! Autre part on parle de Diplomatie. Tout ça pour éviter d'affronter la VERITE et d'agir en fonction de la raison, de la loi et du bon sens !

VAINCRE LA CORRUPTION c’est commencer par vaincre la corruption qui est en nous et que nous avons tellement normalisée que finalement on ne se rend plus de ce que c’est la base de la Corruption qu’on attaque sans succès. Il faut des Leaders qui impulsent la dynamique par un comportement exemplaire mais plus important encore des citoyens patriotes et prêts à consentir aux sacrifices utiles et contributions nécessaires pour atteindre l’objectif d’avoir des nations fortes, intègres et dont la réussite des individus se base sur le MERITE !

#Deugrek
#Le_Combat_Continue…

Ousmane TOURE

 

 

 L'auteur  Usman TUREY
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Usman TUREY
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